Consultant indépendant : micro-entreprise ou portage salarial pour se lancer ?

Quel statut choisir ?

Pour exercer comme consultant ou consultante, plusieurs configurations administratives et financières sont possibles. La solution du portage salarial et celle de la micro-entreprise sont deux voies possibles, pour autant très différentes, lorsque l’on se projette sur le long terme.

En portage salarial, vous conservez le statut de salarié. Vous pouvez choisir vos clients en bénéficiant d’un contrat de travail signé avec une société de portage. Vous percevez un salaire à la fin de chaque mois travaillé.

Avec une micro-entreprise, vous facturez en direct vos clients. Vous percevez des revenus lorsque les clients ont réglé leurs factures. Votre chiffre d’affaires annuel est plafonné.

En termes de rapidité pour se lancer, la solution de la micro-entreprise, comme celle du portage sont quasiment équivalentes. Quelques jours suffisent, à la différence de la création d’une structure de type SARL ou SAS.

Notre point de vue : vous pouvez être consultant en portage pour des interventions en entreprise tout en conservant en parallèle une micro-entreprise pour facturer quelques clients particuliers.

Au lancement de l’activité

Portage salarial. Dès que vous avez fixé les conditions d’intervention auprès de votre client, la société de portage établit un contrat commercial avec ce dernier et un contrat de travail à votre intention.

Micro-entreprise. Il est nécessaire d’ouvrir un compte bancaire professionnel. La demande d’immatriculation pour obtenir son numéro de SIRET se passe entièrement en ligne.

Gestion des contrats et des clients

Portage salarial. La société de portage édite les factures et les envoie à vos clients. Elle s’occupe du règlement et des relances. Une fois votre mission commencée et négociée, vous n’avez plus à parler « argent » avec votre client. En cas de retard de paiement, c’est la société de portage qui gère le dossier.

Micro-entreprise. Vous rédigez et transmettez les factures à votre client. En cas de retard de paiement, vous devez aborder le sujet avec votre client opérationnel ou contacter le service comptable. Une facture non réglée est une perte sèche.

Délai entre la mission et la rémunération

Portage salarial. Vous êtes rémunéré, en salaire, dès la fin du premier mois de mission.

Micro-entreprise. Vous êtes en mesure de vous verser une rémunération lorsque les factures ont été réglées. Il est courant d’envoyer la facture à l’issue du premier mois de mission, ce qui reporte le paiement à un ou deux mois après, selon les délais prévus. Il n’est pas rare que le client fasse traîner le paiement.

Cotisations et assurances sociales

Portage salarial. Vous êtes couverts par le régime général de la sécurité sociale. Vous bénéficiez de la même protection sociale que tous les salariés : maladie, maternité, retraite, décès-invalidité, période de chômage… Vous pouvez adhérer à la mutuelle d’entreprise et bénéficiez, éventuellement, d’un contrat de prévoyance collectif.

Micro-entreprise. Les cotisations sociales qui sont prélevées sur votre chiffre d’affaires correspondent à un niveau de couverture réduit. Pour bénéficier d’une couverture maladie complète, pour soi et ses proches, et préparer sa retraite, il est indispensable de souscrire à des assurances complémentaires individuelles. Le statut n’est pas conçu pour se projeter sur le long terme.

Il est également recommandé de souscrire une assurance RC Pro.

TVA et frais professionnels

Portage salarial. Vous pouvez déduire de votre chiffre d’affaires les frais professionnels engagés pour réaliser vos missions, en respectant les barèmes en vigueur.  Cet avantage permet d’augmente la rémunération globale nette perçue chaque mois. C’est la société de portage qui gère et contrôle les justificatifs transmis. Il est possible en complément de récupérer une partie de la TVA sur certains achats.

Micro-entreprise. Vous n’avez pas la possibilité de déduire les frais professionnels de votre chiffre d’affaires. Tous les achats sont puisés sur votre rémunération nette.

Clients particuliers ou professionnels

Portage salarial. Vos clients sont des entreprises. La TVA n’impacte pas la négociation commerciale car elles sont soumises également à la TVA.

Micro-entreprise. Le statut vous permet de facturer des clients particuliers. Dans ce cas, le fait de ne pas être soumis à la TVA est intéressant. Les particuliers paient leurs achats TTC (TVA comprise).

Pour des clients entreprise, le fait de ne pas être soumis à la TVA en tant que micro-entreprise ne présente aucun intérêt. Au contraire, elles n’auront pas la possibilité de récupérer la TVA.

Il est tout à fait possible de cumuler un fonctionnement en portage salarial pour ses clients entreprise et une activité en micro-entreprise pour des clients particuliers.

Plafonds de chiffre d’affaires

Portage salarial. Il n’existe aucun plafond. Vous pouvez générer le chiffre d’affaires annuel que vous souhaitez.

Micro-entreprise. Pour bénéficier du régime d’imposition de la micro-entreprise, le montant du chiffre d’affaires ne doit pas dépasser 70 000 € pour les prestations de services. Si vous dépassez ce montant, vous serez l’année suivante soumis à au régime d’imposition réel, qui est le même que pour les professions libérales. Vous devrez fournir des documents supplémentaires.

Ce plafond de 70 000 € ne doit pas être confondu avec le plafond de franchise en base de TVA. Jusqu’à 33 200 € de chiffre d’affaires pour les activités de services, la TVA n’est pas applicable à la micro-entreprise. Cela n’a pas cependant d’impact pour les consultants qui interviennent en entreprise.